Ouverture d'un centre social autogéré à Toulouse

Publié le par crea-csa

 

 

 

Le 20 avril 2011, les travailleurs sociaux du Groupe pour la défense du travail social (GPS) réquisitionnaient dans l'urgence une partie des locaux de l'AFPA située 4 bis rue Goudouli à Toulouse. Ils hébergent actuellement 25 personnes dont l'état de santé et de dépendance nécessitent une mise à l'abri immédiate. A l'heure où nous écrivons, d'autres familles vivent aux pieds d'immeubles que l'Etat et les propriétaires préfèrent laisser vides. Car nous refusons cette logique, nous décidons de réquisitionner d'autres locaux situés 70 allée des Demoiselles.

 

Nous occupons aujourd'hui ce bâtiment, appartenant au ministère des solidarités et de la cohésion sociale (sic). Nous voulons en faire un espace autogéré, basé sur l'entraide et la solidarité. Dans une partie, des familles et des individus précarisés s'auto-organiseront autour de lieux d'habitation mis en commun (cantine, salle à manger...).

 

Ce lieu nous permettra d'inventer d'autres formes de vie collective face à la société du fric et du pouvoir. Il accueillera de nombreuses activités : alphabétisation et cours de soutien, formations collectives, cours de boxe, de danse, bibliothèque, médiathèque, projections-débats, repas participatifs...). Il facilitera la rencontre et les solidarités entre les habitants du quartier, il fournira un espace de propositions et de créations politiques et sociales.

 

Pour concrétiser ce projet, nous lançons un appel à soutenir notre collectif matériellement (vêtements, meubles, nourriture...), nous invitons aussi toutes les personnes s'y reconnaissant et voulant s'y investir à leur façon (électricité, plomberie, couture, etc...) à nous rejoindre.

 

Nous, CREA, n'attendons plus que l'Etat prenne ses responsabilités, nous avons conscience que l'avenir est entre nos mains. Nous exigeons la pérennisation du lieu afin d'offrir la stabilité nécessaire à ses habitants.

 

Face à l'infantilisation, au flicage et à l'individualisme, nous répondons par la réquisition, l'autogestion et l'entraide.

 

CREA

Collectif pour la Réquisition, l'Entraide et l'Autogestion.

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colporteur 12/05/2011 08:51



{{Expulsion de travailleurs sociaux et de SDF, la justice déboute l'Etat}}


Le Monde 11/5/2011


Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté mercredi 11 mai la demande de l'Etat d'expulser des travailleurs sociaux et des SDF occupant un bâtiment public inoccupé du centre de Toulouse,
a-t-on appris auprès des avocats. Le juge des référés a considéré dans ses attendus "irrecevable" la requête de la préfecture, qui réclamait une expulsion "sans délai" des membres du Groupement
pour la défense du travail social (GPS) en raison du danger présenté selon elle par les bâtiments et de leur insalubrité.


 


"C'est un camouflet pour le préfet", a déclaré l'un des avocats du GPS, Julien Brel. "La préfecture a été particulièrement cavalière avec cette procédure, a-t-il estimé, en n'apportant la preuve
de rien". "Encore heureux qu'on est encore dans un état de droit", s'est-il réjoui."Le bien en cause n'est en aucun cas insalubre ou vétuste, pas plus qu'il ne représente un quelconque danger, y
compris sanitaire, pour les personnes qui l'occupent", estime le juge des référés dans son ordonnance.


 


Le GPS occupe depuis le 26 avril des locaux de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), inoccupés pour certains depuis près de deux ans, où ils abritent, selon eux,
sept à huit SDF "en grande précarité" par nuit. Dans une autre partie du bâtiment, trois familles de demandeurs d'asile sont hébergées en permanence. "C'est une belle victoire, un symbole fort"
s'est réjoui un membre du GPS joint au téléphone, Pierre Cabanes. L'Etat, qui est par ailleurs condamné à payer les frais du procès, a 15 jours pour faire appel.


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Trop bien !


Oui, avec ou sans travailleurs sociaux, comme le dit la coordination des intermittents et précaires, nous avons besoin de lieux pour habiter le monde, comme le disent les Tunisiens de Lampedusa à Paris qui occupent actuellement un
gymnase, on veut des lieux pour s'organiser