La préfecture ne lâche rien. La lutte du centre social autogéré continue.

Publié le par C.R.E.A - C.S.A

Il y a trois jours, le tribunal administratif de Toulouse cassait la procédure d'urgence engagée par la préfecture pour nous expulser. Il a statué sur le fait que l'Etat, n' était pas en mesure de fournir les preuves de l'existence d'un quelconque projet de formation ni de réhabilitation du lieu. En bref, un juge a reconnu qu'il n'y avait pas urgence à remettre à la rue les grands précaires accueillis par le GPS rue Goudouli et les familles abritées par le CREA 70 allée des demoiselles. Nous - le CREA - avons décidé avec le GPS de savoir si la préfecture avait changé de posture à notre égard. Le sous-préfet et la secrétaire générale nous ont reçu ce vendredi 13 mai et nous ont affirmé qu'ils  ne cédaient sur rien. Les familles de demandeurs d'asile et les précaires doivent quitter ces lieux vides et l'Etat n'a pas d'argent à dépenser pour les travailleurs sociaux. Au début de cette rencontre, Mme Françoise Souliman, la secrétaire générale de la préfecture, a déclaré que des projets de formation pourraient bien avoir lieu dans les locaux de l'AFPA, lorsque des travaux de réaménagement auront été réalisés « si les financements tombent à la fin de l'année »#. Ce qui veut dire que les budgets censés financer d'hypothétiques travaux qui eux-mêmes permettraient d'accueillir, un jour, des formations professionnelles, n'existent pas encore et qu'il y a d'ailleurs une chance pour qu'ils n'existent jamais. En effet, le sous-préfet nous a expliqué qu'il n'y avait plus un sou dans les caisses de l'Etat. Des travailleurs de la l'AFPA ont d'ailleurs confirmé qu'il n'existait aucun projet de travaux ni de formation dans ces locaux,  depuis que les missions de l'AFPA qui s'y déroulaient ont été transférées à Pole emploi.

Ces aveux confirment que la préfecture s'est bien arrangée avec la vérité lorsqu'elle nous a  convoqués devant le tribunal administratif en prétextant des travaux et des formations prévus pour le mois de juin. Ils assurent que ces locaux resteront vides et inutilisés encore longtemps. 

En attendant, le CREA continue d'accueillir des familles à la rue et de développer le centre social autogéré, l'entraide entre habitants du lieu, du quartier et de la ville. Nous ne demandons toujours aucune subvention, nous ne coûtons rien à personne, nous voulons juste qu'on ne nous renvoie pas à la rue et qu'on nous laisse utiliser librement ces lieux vides pour lutter contre toutes les formes de misère.

 

CREA, 

Toulouse, le 15 mai 2011.

Centre social autogéré

70 allée des demoiselles

Toulouse

 

creatoulouse@gmail.com

Commenter cet article